Le Grand débat d'Arcis sur Aube en photos et en résumé

Date du grand débat : 30/01/2019

Organisateur : Citoyen, Charles DESGUY

Rapporteurs volontaires, chargés du compte rendu :  Maïté Pruneta, Gislaine Herblot, Charles DESGUY

Animateur : Charles DESGUY en la présence exceptionnelle de DANTON gracieusement interprété par Julien IRONDELLE bénévole de l’association Elu-Citoyen

Video et Photos : Remerciements à Antoine BONFILS  bénévole de l’association Elu-Citoyen            

Publicité : via affichage dans les commerces de la ville et la presse locale + Facebook

Lieu : Espace DANTON, 1 Rue de Paris, 10700 Arcis sur Aube

Horaire : 18h00 à 21h00

Réunion ouverte au public sur inscription préalable directement auprès de l’organisateur

70 citoyens ont participé venant des 30 km à la ronde dont :

  • 50 personnes préalablement inscrites, (10 absents)
  • 30 personnes sont venues sans inscription préalable

 

Prise de parole :  3 minutes max par intervention en levant la main, tous les citoyens se sont au moins exprimés une fois.

 

Étaient également présents :

  • 1 représentant de la Préfecture ;
  • Le référant pour le CESER Grand Est ;
  • 2 journalistes de l’Est-Eclair ;
  • Une équipe TV canal 32 ;
  • Un équipe TV Elu-Citoyen ;
  • Un journaliste de la Gazette des communes.

 

Le thème de la réunion était : Vers une démocratie accessible, partagée, délibérative, concertée, éclairée et continue ;
https://granddebat.fr/events/vers-une-democratie-accessible-partagee-deliberative-eclairee-et-continue

L’organisateur, après avoir accueilli DANTON, a remercié tous les « audacieux » participants qui selon lui « peuvent s’honorer du titre de citoyen ».

L’organisateur a également félicité et remercié les élus qui honorent le mandat que nous leur avons confié en venant écouter et débattre avec les citoyens qu’ils représentent.

L’organisateur a adressé ses remerciements à Monsieur le Maire et Monsieur le Préfet qui ont autorisé cette manifestation.

L’organisateur a remercié les bénévoles de la future association élu-citoyen qui ont aidé à la préparation et réalisation de cet évènement.

L’organisateur a regretté que soit resté à sa charge en tant que citoyen organisateur de cette version Arcisienne du Grand Débat voulu par notre gouvernement, les frais de :

  • Location de salle, 60 € ;
  • D’assurance, 140 € ;
  • Les bouteilles d’eau, 20 € ;
  • La location de deux micros sans fils supplémentaires, 150 €.

L’organisateur a présenté le fonctionnement du débat en rappelant le thème :

Vers une démocratie accessible, partagée, concertée, délibérative, éclairée, contrôlée et continue.

L’organisateur a également rappelé que le site du grand débat pouvait accueillir directement toutes les doléances sur tous les autres sujets, et que les citoyens étaient également invités répondre à un questionnaire pour chacun des 4 thèmes proposés par le Gouvernement :

  • La transition écologique • La fiscalité et les dépenses publiques • La démocratie et la citoyenneté • L’organisation de l’État et des services publics.

L’organisateur a indiqué qu’il ne pouvait apporter aucune garantie, ni information sur la

manière par laquelle les contributions seront traitées. Que cela restait la grande inconnue de cet exercice.

L’organisateur a demandé à deux volontaires, de l’accompagner dans la prise des notes afin d’établir à 3 une fidèle restitution des débats. Un compte rendu commun sera transféré sur le site du Gand Débat avant le 18 mars 2019. 

L’organisateur a proposé des règles de prise de parole qui ont été approuvées par l’assemblée.

L’organisateur a ensuite introduit le débat avec les mots suivants :

« Nous traversons une crise démocratique profonde.

Une crise qui se manifeste par la défiance envers nos élus et nos institutions.

Une crise qui s’intensifie notamment depuis 2015.

Plus de 3 français sur 4 sont insatisfaits du fonctionnement de la démocratie et de leurs institutions.

Ceci est d’autant plus fâcheux que les citoyens qui souhaitent s’impliquer, ou simplement accomplir leur devoir civique (en dehors des élections et du paiement des impôts) ne le peuvent pas, faute de temps, faute d’information, faute de moyens, faute d’outils pour agir, participer, coopérer, se concerter, comprendre, choisir, suivre, évaluer, contrôler, alerter, décider et faute de pouvoir le faire dans la durée.

La démocratie est donc perçue comme une fatalité par la majorité d’entre nous !

Il me paraissait opportun de profiter du grand débat national pour échanger entre citoyens sur les barrières à l’engagement démocratique et la manière de les lever.

Ce rendez-vous est là pour faire valoir nos propositions et nos idées mais nous pouvons aussi le faire par internet le site du Granddebat.fr ou toujours nous adresser à nos élus.

L’objectif de notre débat sera dans un premier temps d’identifier les freins et les barrières et dans un second temps, d’imaginer ensemble les solutions, les outils qui permettront une démocratie accessible, inclusive, partagée, transparente, délibérative, concertée, éclairée et continue.

 

L’organisateur s’adresse à l’assemblée :
 
 » Est- ce que dans votre histoire de citoyen vous avez été amené à débattre spontanément entre citoyen ? »

Deux anciens élus prennent consécutivement la parole pour expliquer leur démêlé avec l’administration :

  • Un premier élu, dénonce une administration à laquelle on se heurte, trop lointaine des réalités locales ; il prend l’exemple de la signalisation routière et notamment des difficultés qu’il a eu à obtenir une ligne blanche à un endroit qui se révélait être dangereux ;
  • Un deuxième élu, dénonce le manque de visibilité face à certaines décisions administratives sur lesquels les administrations (préfecture) successives reviennent l’une sur l’autre. L’ancien Maire dénonce l’aberration du système qui l’a amené à démissionner de son mandat.

 

L’organisateur a lancé le débat en posant la question : 
Sommes-nous en démocratie ?

 S’en suivents, 2h45 de débat où les thèmes suivants ont été abordés :

Nous n’avons pas assez d’occasion pour  débattre et travailler entre citoyens ; c’est un moment historique

Scrutin proportionnel, choix des candidats

Les citoyens présents confirment leur insatisfaction et leur défiance à l’égard de leurs représentant élus.

La démocratie perçue comme une fatalité, injuste, inadaptée et lointaine, confisquée par le parti au pouvoir.

Les citoyens ne sentent pas représentés, car le système électoral avec son scrutin majoritaire donne la voix à deux grands partis. La citoyenne propose 100% de proportionnalité afin que les citoyens ne soient pas spoliés de leur choix au premier tour et qu’ils puissent être représentés par ceux qu’ils ont choisi. Il est également regrettable qu’un Président soit élu par défaut.

Un citoyen dit : « on se retrouve au 2ème tour avec des gens qui ne nous intéressent pas du tout, sachant que ceux qui nous intéressaient ont été éliminés ou n’ont même pas eu les parrainages pour se présenter ! ».

Un jeune citoyen confirme qu’il ne se sent pas représenté mais il n’est pas d’accord sur le scrutin proportionnel qui selon lui apporterait un multipartisme, il n’y aurait plus de majorité, et encore plus d’opportunisme politique.

Il partage avec l’assemblée un concept sociologique de réflexion sur la « Loi d’airain de l’oligarchie » pour qualifier la tendance de toute organisation à sécréter une élite oligarchique …  Pour lui, toute démocratie telle qu’elle est conçue aujourd’hui, aboutie après un certain temps à une oligarchie.

L’organisateur ajoute : peut-être pas si on imagine une alternance de citoyens tirés au sort ? pas de possibilité de népotisme.

Pour une autre citoyenne la démocratie est en danger avec la montée du Populisme qui amène des dictatures.

Elle identifie un risque de démocratie confisquée par une démocratie représentative ; pour elle il faut vivre le débat démocratique et la construction des lois entre deux élections car les institutions existent, il faut juste les utiliser !

Les administrations sont pointées du doigt par ce citoyen :  les administrations résistent au changement et luttent pour le maintien de leurs privilèges ; les gouvernements successifs s’y « cassent les dents ».

Un citoyen fait remarquer, que ce n’est pas le fait qu’on passe à la proportionnelle qui fera que les citoyens seront mieux représentés ; ce qui est important ce n’est pas qui est élu mais c’est ce qu’il fait de son mandat.

Devoirs des citoyens

Un citoyen fait remarquer que les citoyens sont aussi responsables de cette situation, en ne participant pas aux élections.

Un élu regrette que les citoyens sur de nombreuses élections y compris en entreprise s’abstiennent ; se sont souvent ces mêmes personnes qui viennent ensuite solliciter les élus.
Il faut selon lui, une prise de conscience de la part des citoyens qui ont aussi un rôle à jouer : aujourd’hui les citoyens disposent de nombreux moyens pour s’exprimer en votant ou alerter leurs élus, par courrier ou en prenant rendez-vous par exemple …. Il y a que très rarement des citoyens qui viennent assister au conseil municipal. Il faut arrêter de voter pour des personnes, mais voter pour un programme et il faut selon lui, passer un peu de temps pour les étudier avant de faire son choix.

Un citoyen en aparté, fait remarquer, qu’il n’a pas beaucoup le temps pour courir après leur élu, que les élus ont aussi beaucoup de moyens pour informer de leurs actions mais qu’ils ne le font pas ; peut-être de peur d’être jugés ou évalués ?  Quant aux professions de foi des élus elles n’engagent que ceux qui y croient, d’autant que leur mandats sont seulement des mandats représentatifs et en aucun cas impératifs et donc il peuvent faire ce qu’il veulent pendant leur mandat.

 

Contrôle et évaluation des élus et des administrations :

Pour un citoyen, la démocratie représentative montre ses limites ; il n’y a pas assez d’allers-retours entre les élus et ceux qu’ils représentent.

Le citoyen a des devoirs qui vont au-delàs de déposer un bulletin de vote : en tant que citoyen j’ai le droit d’obtenir de mon représentant des renseignements sur ses actions , d’avoir des  contacts avec mon représentant ,  de le remettre en cause si nécessaire  ; « montrez-moi ce que vous avez fait » ;  si ça ne va pas je n’attendrais pas 5 ans pour remettre en cause.
Il en va de même avec les administrations qui doivent également pouvoir être remises en cause dans leur fonctionnement.

Vote Obligatoire et vote blanc

Un citoyen propose de rendre le vote obligatoire et reconnaitre le vote blanc.

Une citoyenne ajoute que le vote devrait être obligatoire et on devrait mettre une amende à tous ceux qui ne votent pas.

Une autre citoyenne, insiste sur l’importance de la résonnance du votre blanc ; si le vote blanc atteint un certain pourcentage il devrait permettre d’éliminer les deux candidats, si non à quoi sert le vote blanc ?

Une autre citoyenne, n’est pas pour le vote obligatoire, car pour elle si le vote devient obligatoire cela n’est pas démocratique.

Pour un citoyen, le vote devrait être obligatoire, il faut faire quelque chose pour que tout le monde vote, quitte à mettre une petite amende ; il est également pour le vote blanc.

Un élu ne comprend pas que les citoyens ne se sentent pas représentés ; comment avec un maillage aussi important et compte tenu du nombre d’élus, 600 000 en France (577 députés, 343 sénateurs, 35970 maires, 12 000 intercommunalités), on n’arrive pas à rendre compte des problèmes, de l’insatisfaction démocratique, et des familles qui meurent de faim au 15 du mois …  Que font les élus ?

Représentativité

Un citoyen fait remarquer que nous sommes très mal représentés sachant que le président est élu avec 20% des français inscrits sur les listes électorales ; il ajoute qu’il est inadmissible de voter une loi avec 60 députés dans l’hémicycle.

Les citoyens ne comprennent pas non plus, pourquoi les députés peuvent voter pour le voisin absent, il faudrait que cela ne soit pas possible, interdit ou réprimé ; seul un député présent doit pouvoir voter ;

Un élu prend la parole ; il est élu depuis qu’il a 10 ans… c’est une vocation pour lui ; il regrette que les citoyens ne perçoivent pas l’action des élus et ne se sentent pas représentés ; il admet, qu’il y a un problème, il est conscient qu’il faut « amener quelque chose de plus » pour donner satisfaction aux citoyens.

Un citoyen fait remarquer, qu’être élu est réservé à une élite qui ne nous ressemblent pas ; les personnes qui se présentent à notre suffrage nous sont imposées par des partis ; il n’est pas normal qu’il y ait autant de barrières (argent, investiture, parrainage) pour pouvoir se présenter …. Peut-être que le tirage au sort permettrait de changer les choses et de permettre à n’importe quel citoyen d’accéder à ce rôle de représentant de ses concitoyens = on se sentirait mieux représenté, proche de son élu ; cela aurait aussi pour effet de créer une véritable alternance et de responsabiliser les citoyens.

 

De nombreux citoyens dénoncent le train de vie de l’état et ses gaspillages alors que tous les serviteurs de l’état et les administrations devraient être exemplaires :        

  • Un citoyen propose qu’une feuille de présence soit mise en place pour les élus et que c’est en fonction de leur présence qu’ils soient rémunérés.
  • La France compte plus de 400 commissions et instances consultatives dont l’utilité est souvent douteuse, sont-elles toutes utiles ?
  • Il dénonce aussi le coût et l’utilité du CESE dont il souhaite la suppression ; il fait référence au rapport d’Agnes VERDIER de l’Ifrap. Cette instance serait dotée d’un budget annuel de plus de 40 millions d’euros. En 2016, le CESE n’a produit qu’une quinzaine de rapports et avis ; cela revient à dire, que chaque rapport du CESE revient à 2,6 millions soit environ 9 000 € la page.
  • Le CESE est encore attaqué par un citoyen qui prétend que les élus du CESE ne travaillent que 10 heures par mois pour 3000€ !
  • Un citoyen dénonce aussi les abus au niveau des députés Européens qui viennent juste faire acte de présence, notamment le vendredi matin, en signant puis repartant dans son foyer.
  • Un citoyen demande que soient révélés ou justifiés tous les privilèges.
  • Il demande également qu’on explique et qu’on justifie l’utilité de chaque taxe
  • Un autre citoyen dénonce de nouveaux gaspillages, notamment celui du CICE, qui représente selon lui une dépense de 100 milliards d’euros depuis 2013, avec très peu d’effets sur l’emploi ; il dénonce également la fraude et l’évasion fiscale qui représente 100 milliards d’euros par an ; ce sont là deux ressources importantes qui pourraient être utilisées pour créer des emplois.
  • Une nouvelle fois, un citoyen prend à partie les élus de la république et les institutions : plutôt que de nous faire la morale, ils devraient montrer l’exemple ; au lieu de cela, ils nous demandent de serrer la ceinture et eux ne se gênent pas pour continuer leur train de vie et dans le cas des sénateurs, de revaloriser leur retraite de 11% à peine arrivés.
  • Il est également reproché aux élus d’être trop éloignés du terrain et notamment trop loin du monde rural. Le citoyen clôture son intervention en disant que selon lui ont pourrait se passer du Senat.
  • Les services publics sont devenus des banques.

Reduction du nombre d’élus :
Une citoyenne alerte l’assemblée sur : les députés et sénateurs ne doivent pas pouvoir voter les lois qui les concernent, notamment les lois qui concerneraient leurs réductions, leurs salaires, leurs avantages, leurs retraites.

La vice-présidente du CESER Grand Est rappelle le rôle du CESER :  éclairer l’exécutif, donner des avis de la société civile.

La citoyenne rappelle que le CESER représentent 189 membres au niveau régional (alors que 169 conseillers régionaux), que la démocratie participative n’est pas à inventer (car elle est prévue dans de nombreux textes), elle est à faire vivre, car nous au CESER, ils ne sont pas en capacité, par manque de moyens de faire vivre ces respirations démocratiques qui devraient permettre à ce que chacun soit partie prenante.

L’organisateur relance le débat en posant la question à l’assemblée : « Peut-on s’enorgueillir du titre de citoyen en limitant notre participation au vote et au paiement de l’impôt ?», « Quels sont les devoirs civiques que vous accomplissez en dehors du vote et du paiement de l’impôt ?» :

Les citoyens répondent s’impliquer civiquement en :

  •  Ne ratant aucun vote :
  •  Tant qu’élu municipal ;
  •  S’impliquant dans un think tank et en participant à des débats ;
  • Participant à la vie associative ;
  • Tenant un bureau de vote ;
  • Représentant les citoyens sur une liste aux prochaines élections ;
  • S’exprimant mais on ne nous écoute pas ;
  • S’exprimant, mais on nous tape dessus ;
  • Payant mes impôts et ma TVA ;
  • Etant sapeur-pompier volontaire ;
  • Etant représentant ou engagé syndical ;
  • Etant élu, bénévole ou engagé dans les associations ;
  • Etant actif dans le mouvement des gilets jaunes.

 

Les citoyens ne se sentent pas représentés, pas écoutés mais il doivent aussi s’exprimer :

  • L’organisateur demande à l’assemblée de préciser leur penser quand ils disent qu’ils ne sont pas écoutés ; il pose la question à l’assemblée « A qui vous adressez vous ? Les citoyens disposent-ils d’outils adapté pour s’exprimer et faire connaitre à leurs élus, leurs attentes ? »
  • Un citoyen en Gilet Jaune, ne se sent pas citoyen, car il ne sent pas représenté et sa parole n’est pas respectée ; il ne peut pas admettre que dans une démocratie on ne puisse pas dire ce que l’on pense sans se faire taper dessus. Selon lui, un Président élu avec 26 % n’est pas représentatif et pour lui il n’est rien du tout.
  • Le président et son gouvernant sont accusés par plusieurs citoyens (avec ou sans gilet jaune) de ne pas écouter les français.
  • Le président est critiqué car il est absent, inefficace, d’autant qu’il refuse de recevoir les contestataires de sa politique.
  • Le fonctionnement de l’Assemblée nationale ne satisfait pas : « on se retrouve avec de lois qui ont été votées et dont on n’a jamais entendu parler auparavant.
  • Pour un citoyen, si les gens ne votent plus c’est qu’ils sont déçus à chaque fois ; il se sentent trompés car les candidats quels qu’ils soient ne tiennent pas leurs engagements ;
  • Une citoyenne ajoute : « c’est compliqué la politique, je n’attends plus rien des politiques ; tant qu’on ne se donnera pas main entre citoyens, il n’y aura pas de changement… il faut changer les choses par nous-mêmes, car les partis politiques compliquent les choses »
  • Un citoyen ajoute dans un langage « fleuri » : la démocratie, c’est cause toujours ; la dictature c’est ferme ta gueule et l’oligarchie c’est en même temps ferme ta gueule et cause toujours …. Il encourage chaque citoyen à s’exprimer, chaque voie et chaque avis compte.
  • Un citoyen prétend que nous ne sommes pas en démocratie mais plutôt en oligarchie ; comment pourrait-il en être autrement, avec un président, qui s’est caché pendant tout le début de la crise des Gilets Jaunes.
  • Un citoyen ajoute en parlant du gouvernement et du président : « il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »
  • Le non-cumul des mandats et des salaires font quasiment l’unanimité.
  • Certains renchérissent que des élus percevraient des salaires pendant encore 5 ans après leur mandat.
  • Le réfèrent du grand débat au sein du CESER Grand est , Yannick FASSAERT prend la parole : il explique qu’il est chargé de remonter les doléances des citoyens, il trouve qu’il y a beaucoup de respect et de solidarité dans les échanges ; il relève à nouveau l’importance du rôle des citoyens :  si on veut que ça change il faut aussi que l’on change nous-même en tant que citoyen… et que l’on ose dire les choses quel que soit le représentant que l’on a en face de nous au niveau local, régional et national;

Un élu témoigne que beaucoup d’élus locaux se heurtent à l’administration ; les élus en ont assez des complications et des bâtons dans les roues que leur mettent l’administration. Défendre l’intérêt commun n’est pas facile dans ces conditions : «  la critique est facile et l’art est difficile ».

Les citoyens sont choqués d’apprendre que c’est l’organisateur qui devra supporter le coût de la location et de l’assurance de la salle, un courrier sera adressé à la haute autorité du grand débat pour les alerter de cette situation.

A l’unanimité de l’assemblée, ils condamnent cette situation injuste, beaucoup contacterons Monsieur LARDIN, Maire d’Arcis sur Aube, pour lui demander de renoncer à la facturation.

Retraités, 16 millions de personnes :

  • Un citoyen aborde le sujet des personnes âgées ; pour lui les demandes des personnes âgées ne sont pas suffisamment prises en compte, n’oublions pas que si la France est riche c’est grâce à ceux qui sont à la retraite ; un citoyen retorque : riche ? Riche de dettes, nous avons contracté en 40 ans une dette de 2300 milliards d’€ !
  • Un citoyen propose de mettre les français sur un même régime de retraite sachant qu’il a 42 régimes de retraire ; il alerte sur l’urgence de réforme, compte tenu qu’a ce train, en 2030, il n’y a plus d’argent pour payer les retraites.
  • Un citoyen trouve l’attitude de certains jeunes députés méprisant à l’égard des retraités.
  • Ce n’est pas normal qu’il y ai des retraités qui ont travaillé toute leur vie, qui touche moins que des gens qui’ arrive de l’étranger, et qui ont jamais travaillé ; Pour lui, les aides données à ceux qui habitent et travaillent en France doivent être plus importantes que les aides qu’on donne au migrants par exemple ;
  • Un citoyen retraité dit, qu’il a des enfants qui ont du mal à finir leur fin de mois, alors que lui vit confortablement, il invite à réfléchir comment entre génération on peut équilibrer tout cela ; il faut également pouvoir garantir aux générations futures des retraites.
  • Un citoyen réagit vivement, en disant que ce n’est pas aux retraités de maintenant d’assurer les retraites des générations futures, on ne peut pas prendre plus à des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui ne gagnent que 500€ par mois ;
  • Un président d’association de retraités rétorque : tout le monde n’a pas les moyens d’aider son prochain, certains retraités n’ont plus les moyens d’avoir de mutuelle, ils sont même en dessous du seuil de pauvreté ; il existe 42 systèmes de retraite.
  • Un citoyen ajoute : Le problème de l’équation de la retraire tient aussi une logique mathématique : Actuellement 1.6 cotisants par retraité alors qu’avant 4/5 cotisants par retraité ; Avant retraite était à 65 ans et durée de vie 73 ans ; Aujourd’hui la retraite est à 60 ans et durée de vie 83 ans ; Il y a donc un gros problème.
  • Sans compter, les 2 millions de retraités qui partent à l’étranger, qui ne payent plus de CSG, de CRDS et d’impôts : pourtant ils continuent à bénéficier encore de la sécurité sociale et viennent se faire soigner en France, il faut changer le régime fiscal de ces retraités et les faire contribuer ou les exclure de leur droit à la sécurité sociale.
  • Une citoyenne en gilet jaune est inquiète pour sa retraire ; elle a cotisé toute sa vie, elle est aujourd’hui à la retraite et si elle peut vivre, c’est grâce au revenu de son mari ; mais si elle se retrouve veuve, elle n’aurait plus assez pour vivre, d’autant qu’on vient de lui retirer 14 € de CSG par mois.

 

Un citoyen qui a été l’ancien directeur de campagne du parti « nous citoyens » partage son expérience :

Pendant des mois ils ont parcouru la France à la rencontre des citoyens, des bonnes pratiques et des bonnes idées afin de les faire émerger au niveau régional, départemental et national ;

Il nous raconte, avoir présenté pendant une campagne présidentielle une candidate « simple citoyenne » qui avait remporté une primaire citoyenne parmi une centaine de candidats de toute la France.

Malheureusement cette candidate du peuple n’a pas pu passer le barrage des 500 parrainages et n’a donc pas pu se présenter : pour lui la voie des citoyens n’a pas pu passer le barrage constitutionnel des 500 signatures ; Donc la démocratie confisquée dès le départ.

Il rappelle à l’assemblée, qu’aujourd’hui, constitutionnellement les citoyens ne peuvent pas s’exprimer directement : « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants » ; on n’est donc verrouillé constitutionnellement et cette même constitution interdit le mandat impératif qui pourrait permettre d’opposer à un élu des objectifs, des promesses ; il conclue : le peuple ne peut donc pas être écouter directement, il doit passer par l’intermédiaire des élus pour se faire entendre.

Un citoyen demande en quoi la violence d’état est-elle légitime ?

Un citoyen craint que le gouvernement n’utilise le mouvement des gilets jaunes pour justifier l’échec de la relance économique.

Un citoyen insiste que le fait : quand une règle s’avère néfaste il faut pouvoir la changer.

Un citoyen pour rapprocher élus et citoyens propose un état régional = parlements régionaux avec des députés régionaux et attachés à un territoire précis avec mandat impératif avec révocation possible.

Un citoyen relance le débat en disant que le problème des députés actuels et qu’ils sont sous la dépendance de leur parti et en aucun cas le représentant des citoyens : preuve en ai est qu’ils votent les lois sans consulter leurs citoyens.

Un citoyen prend la défense des députés en arguant qu’ils ont de grands secteurs et sont quand même sur le terrain ; ils vont sur le terrain à la rencontre des associations, « ils ne sont pas le doigt le long de la couture » et ils font quand même remonter des choses là-haut.

Une citoyenne renchérie, en prétendant que l’on a voté contre l’Europe il y a quelques années, et que malgré cela, elle s’est faite à l’insu de la majorité des citoyens. Ce qui est faut, car le référendum français qui a eut lieu le 20 septembre 1992, a approuvé sa ratification à 51,1 % avec une participation de 69,7 %.

Un autre citoyen, argumente, est prétend que depuis 40 ans qu’il vote, il constate que les programmes successifs n’ont pas été respectés. Il a donc décidé de ne plus voter. 

Un citoyen propose, qu’au niveau des élections municipales, les listes ne soient pas bloquées ; selon lui, on devrait pour les villes de moins de 5000 habitants pouvoir voter pour des personnes et pas des listes.

Les élus ne respectent pas leur programme et leurs engagements, puisque selon ce citoyen, les Président Hollande et Sarkozy avaient promis de réduire le nombre de députés et Sénateurs et ils ne l’ont pas fait.

Un citoyen constate, la complexité du travail démocratique « On est 50, 70 et on a 50/70 avis, comment on gère ça ? », il ajoute également, qu’en plus de la complexité du nombre, s’ajoute souvent la complexité administrative ;

Une citoyenne présente son besoin de justice sociale :

Elle propose de ne vote pas voter pour un homme, mais pour un projet et un programme.

On ne devrait pas modifier une loi, sans évaluation la loi précédente (évaluer les effets et impacts produits). Elle ajoute qu’il faut aussi vérifier que la nouvelle loi nous a amener plus de justice sociale, plus de développement et de vivre ensemble.

Un citoyen élu rebondi sur le thème du débat « une démocratie éclairé » : il met en garde les citoyens sur les possible écueils du participatif, si ceux qui se prononcent n’ont pas les éclairages suffisants, cela amènerait probablement a de mauvais choix ; il faut que les citoyens puissent étudier, se rendre compte avant de décider. Il donne l’exemple de décisions parfois prises par les élus à contrecourant par ce qu’ils ont les informations et l’expérience, alors que les citoyens passionnés et concernés n’ont pas forcement accès à toutes les informations, ni le recul et l’expérience de la décision et qu’ils prendraient une décision contraire.

L’organisateur prend la parole : « Danton a dit, après le pain, l’instruction et le premier besoin du peuple » …. Ce n’est pas seulement d’une démocratie éclairée dont on a besoin mais de citoyens éclairés !

Les jeunes

Un citoyen rebondi sur le sujet des jeunes : Il faut s’interroger pour accompagner les jeunes sur tous les plans (scolaire, culture, sport, démocratie, etc…) , il faut former les jeunes, les coacher et les motiver, car ils sont notre avenir.

Un jeune a besoin d’argent, et d’autonomie financière ; il n’est pas normal qu’ils dépendent de leurs parents pour finir leur fin de mois.

Un ancien élu encourage les jeunes à se présenter.

Une mère de famille, fait la remarque, que de nos jours on ne peut pas travailler à 17 ans, on répond à sa fille qu’elle est trop jeune alors qu’il y a 40 ans on pouvait travailler à partir de 12/13 ans, cela ne posait un problème à personne !

Le sujet l’aide aux personnes handicapées est posé : comment un handicapé peut vivre s’il ne dispose pas au moins d’un SMIC ?

Les citoyens dénoncent la baisse de qualité de service publique, il dénonce le comportement des services publics qui se comportent comme des banques et oublient leur mission de servir ou d’agir pour le bien commun. Le personnel hospitalier se plaignent en permanence de sous-effectifs et personne ne les entend.

Tous les services publics se sont dégradés et on paye toujours plus d’impôts, mais où va l’argent ?

On ferme des maternités, des écoles, des lignes de chemin de fer, des dispensaires, des bureaux de poste, les routes ne sont plus entretenues etc….

Les Urgences des hôpitaux sont débordées, car les services de proximité, comme les dispensaires ont disparu.

L’organisateur : on vient de faire le constat de notre impuissance ; d’un système qui fonctionne à notre insu et que l’on critique beaucoup alors comment peut-on le transformer ? Nous sommes la génération de l’amélioration continue, dans tous les domaines, alors comment peut-on prendre une part plus active à la démocratie ?  Que peut-on faire de mieux ? 

Un citoyen explique, que le président a présenté son programme aux français, avant d’être élu et qu’à présent il applique son programme, alors on se trouve un peu devant le fait accompli de ce programme que l’on ne voulait pas forcement.

Un autre citoyen rappelle, qu’un Président représente tous les français, et que ce n’est pas une trahison à son programme que d’adapter son action face à une réalité, une opposition ou à des difficultés rencontrées. Ce qui peut être mal perçu, c’est le passage en force…. Pourquoi ne pas s’adapter aux nouvelles demandes des français ?

Cela pose deux questions :

Nos élus ont-ils les outils pour être alertés sur l’insatisfaction ou la satisfaction de leurs administrés ?

Quand on est élus avec seulement 25 % des inscrits, est-ce qu’on ne doit pas adapter son action ?

Décentralisation
Le problème que rencontrent souvent les citoyens est un problème de subsidiarité = la question traitée n’est  pas au bon niveau de souveraineté (local , régional, national ou européen) ; les citoyens ne savent pas à qui s’adresser, c’est très compliqué.

Souvent, on vente la bonne organisation des Suisses et son coté fédéraliste ; la France est extrêmement centralisée ; une piste de réflexion est d’imaginer un fédéralisme à la Française, sachant qu’en Europe c’est le modèle qui fonctionne bien.

Peut-on imaginer un fédéralisme à la française ?

 

Un autre citoyen, fait le constat que nous sommes tous mécontents de la représentativité que l’on a aujourd’hui, le changement ne viendra pas des élus d’en haut, on voit bien qu’hormis les élus locaux, les élus du haut ne comprennent rien ou ne rendent plus compte de ce qui se passe ; c’est à nous de nous prendre en main pour faire évoluer notre démocratie qui est vieille de 2.5 siècles. Aujourd’hui le peuple est lettré, et les moyens de communication sont révolutionnaires, donc plus rien à voir avec 1789 où on ne pouvait pas laisser le peuple décider, car il n’était ni instruit, ni informé. Pour lui, nous sommes arrivés au terme d’un cycle ; a nous de voir au cours d’une autre réunion comment on prend en main ces choses. Le citoyen face à un si gros problème, il le découperait en morceau pour mieux cerner chaque morceau et le problème tout entier.

Concernant la dette dont on nous rebat les oreilles : ce n’est pas le peuple qui l’a contractée

On n’est pas si malheureux que ça en France, on a la sécurité, on a des droits, on a un système de santé, on critique un peu tout en France, mais il y a qu’à se déplacer et regarder ce qui se passe à l’étranger pour se convaincre « qu’on n’est pas si mal ».

Un citoyen regrette le gaspillage des impôts.

Une citoyenne avoue qu’elle s’intéresse un peu à la politique et au débat public depuis le mouvement des gilets jaunes.

Un autre citoyen remercie les Gilet jaunes qui ont lancé les discutions ;

Le citoyen nous explique qu’il a commencé à travailler en juillet 1961, en parallèle de ses études, il travaillait alors pour 150 francs par mois (1 franc par heure).

Il a travaillé 249 heures par mois. Aujourd’hui, après 40 ans de dur labeur et de privation, il est révolté que les impôts lui « piquent » tout : « on nous vole notre argent, on nous prend pour des cochons de payant …. Ce sont des escrocs, des voleurs ». Il en veut beaucoup au gouvernement Macron et au Président lui-même, qu’il dit arrogant, méprisant, orgueilleux, baratineur, enfumeur.
Il propose, la diminution du train de vie de l’état et des avantages en nature ;

Il demande, qu’on se rétracte du pacte de Marrakech qui a été signé en catimini par le Président de la République.

Le coût de la fiscalité verte en France va passer à 2.53 % du PIB, en portant la France parmi ceux où la fiscalité verte est la plus importante au monde ; le citoyen en à ras le bol et estime que nous sommes en dictature ; il souhaite que comme en Suisse, nous ayons plus d’occasions de s’exprimer via des votations (mini référendum) tous les 3 ou 6 mois, selon les principales doléances des citoyens.

L’organisateur prend la parole : on est tous d’accord qu’il faut changer la méthode ; mais ce n’est pas juste avec un débat que nous allons y parvenir.

C’est en se retrouvant régulièrement, entre citoyens, et en travaillant ensemble que nous pourrons obtenir quelque chose.

L’objectif est de fournir des outils pour bénéficier d’une démocratie continue et être ainsi en relation permanente avec nos élus et pouvoir les alerter, influencer, accompagner, co-construire, évaluer et contrôler les élus.

Un citoyen récapitule : on fait des lois qu’on n’applique pas, on donne des primes à des gens que l’on n’évalue pas ; il y a des commissions qui ne servent à rien ; on perd des valeurs et les citoyens ne s’impliquent plus. 0n est dans un monde de plus en plus individualiste où on ne participe plus, où on ne s’implique plus. On veut tout, tout de suite, on est dans l’immédiateté, attention il faut prendre le temps des choses.

Il se prononce pour l’impôt pour tous, même pour un euro symbolique, mais en contrepartie il propose que les contribuables puissent définir à quoi est affecté une partie de l’impôt.

Il propose que ceux qui reçoivent des aides contribuent aussi à leur tour = contrepartie (droit et devoirs).

Il propose également que tous les privilèges des agents des services publics soient mis à plat et que les salaires soient valorisés normalement.

Un citoyen propose pour les referendums que les décisions soient adoptées à la majorité des 2/3.

Une citoyenne dénonce la marchandisation de la société et la société de consommation qui crées en permanence de nouveaux besoins qui mettent les citoyens les plus pauvres en difficultés.

Une élue rappelle : Il faut développer de la culture de compromis, cela permet des accords mieux acceptés.

Un jeune citoyen propose quelques pistes pour la démocratie :

Le fédéralisme, serait selon lui difficile, car il serait difficile d’avoir une constitution par région, il suggère donc la régionalisation. Il souligne que le modèle suisse s’essouffle :  de plus en plus de personnes ne vont voter que pour les sujets qui les intéressent et sont prêts à payer l’amende pour être tranquille.

Est-ce vraiment l’Etat qui est responsable du problème ?

Un ancien journaliste partage son expérience des mouvements citoyens ; en 2017, à l’initiative d’un Maire, tous les mouvements citoyens se sont réunis à Kingersheim, il a été impossible de les mettre d’accord sur une candidature commune.

Il propose la création d’une assemblée citoyenne avec 577 représentants venant de tous les mouvements citoyens.

La France est-elle souveraine avec 2300 milliards de dette dont 50 % est détenue hors de France ?

Le Citoyen « Danton » donne son mot de la fin … « les citoyens n’ont pas de problèmes,  

Il y a des outils numériques qui arrivent pour participer et décider ensemble.

Ce n’est pas la démocratie qui est en faillite c’est l’oligarchie qui est en faillite.

Les citoyens se sont réveillés grâce aux gilets jaunes.

J’aimerais un système pour participer, noter les élus, les alerter et contrôler leurs actions.

Il faut donner plus de pouvoir aux élus en travaillant avec eux pour donner souveraineté et légitimité à leurs actions.  Les partis politiques, c’est ça l’anomalie qui pourrie la démocratie.

Continuons cette action, ne restons pas seul et désarmé face à aux problématiques citoyennes ».

Le mot de la fin de l’organisateur : à nous ( tous les citoyens) de trouver les articulations de la démocratie participatives au sein de la démocratie représentative.